Sécurité

L’approche de santé publique en matière de prévention de la violence

Les humains adoptent une vaste gamme de comportements à risque pouvant entraîner de graves problèmes de santé. Il est depuis longtemps admis que les médecins doivent encourager les patients à modifier leur comportement – cesser de fumer, faire une diète, utiliser un préservatif – plutôt que d’attendre traiter l’emphysème, les crises cardiaques liées à l’obésité ou le VIH qui pourrait en résulter. Pourtant, lorsqu’il est question de violence, la discussion est souvent fondée sur l’hypothèse qu’il s’agit d’un comportement inné et immuable et que les personnes qui le pratiquent sont au-delà de la rédemption. Le plus souvent, des solutions ont été recherchées dans le système de justice pénale – par le biais d’une peine plus sévère ou d’un nombre croissant de fouilles arbitraires et d’arrestations (en dépit de preuves substantielles de son inefficacité à réduire la criminalité).

Une approche de santé publique traite la violence comme tout autre problème de santé causant une maladie ou un préjudice physique. Tout d’abord, vous vous efforcez de la contenir et d’empêcher sa propagation, puis vous en résolvez les causes pour réduire les risques que cela se reproduise. Tout au long de nos antécédents médicaux, nous avons appris à lutter contre les maladies infectieuses en freinant la propagation et à prévenir de futures épidémies en investissant dans la conception de moyens d’éducation, d’assainissement, de soins médicaux et de logement de meilleure qualité. L’idée est que la même approche que celle utilisée pour lutter contre les maladies puisse être utilisée pour éliminer toutes les formes de crimes violents.

Bien que la police de proximité soit essentielle pour lutter contre les crimes violents et contre quiconque enfreint la loi, la police ne peut résoudre seule les crimes violents – la prévention est cruciale.

L’approche de santé publique comprend que, tout comme la maladie, la violence peut être encouragée ou découragée par des facteurs contextuels. Les victimes deviennent souvent des agresseurs. Se concentrer sur la prévention pourrait aider à mettre fin au cycle de la violence.

Où a-t-elle été essayée?

Cette approche a pris différentes formes dans d’innombrables contextes à travers le monde.

À Glasgow, en Écosse, l’alignement du travail des policiers, des travailleurs sociaux, des enseignants et des médecins sur les nouveaux services, notamment l’aide au logement et les conseils en matière d’emploi, a permis de réduire le taux de meurtres dans la ville de 60% en une décennie.

À Medellín, en Colombie, la cartographie des lieux et des facteurs de violence a permis à la ville de cibler les dépenses d’infrastructures pour offrir aux résidents un moyen de sortir de la pauvreté et des crimes violents. Un téléphérique a réduit le taux de meurtres de 94% en 15 ans dans l’une des favelas les plus violentes de la ville.

Et à Cardiff, au Pays de Galles, un modèle de partage de données anonyme entre les hôpitaux, les forces de police et les décideurs a permis de réduire de 42% les actes de violence enregistrés par la police et d’épargner à la ville 6,6 millions de dollars par an en coûts liés à la violence.

Pour plus d’informations sur cette approche:

http://cureviolence.org/

https://mosaicscience.com/story/briefing-reading-violence-crime-knife-gang-epidemic-gun-health-prevention/